Enfants adultes coupant le contact avec leurs parents
1ère partie de 4
27 décembre 2025
Bonjour à tous,
On observe une tendance chez les enfants adultes à couper leurs contacts avec les parents. Mais c’est plus que des chaises vides lors des anniversaires et des vacances ; il y a dans ce mouvement, un plan spirituel plus profond et plus maléfique.
Cette série examine cette tendance au fur et à mesure que nous l’identifions, la définissons, en étudions les raisons et proposons quelques solutions. Nous examinerons également des exemples bibliques comme le Fils prodigue, et peut-être le plus grand exemple de la Bible ; la division entre David et son fils Absalom.
Aux États-Unis, 27 % des enfants adultes sont séparés de l’un ou des deux parents. (Université Cornell)
Parmi ces 27 %, 11 % sont éloignés de leur mère et 26 % sont éloignés de leur père. Les 63 % restants (sur ces 27 %) ont rompu tout contact avec leurs deux parents.
S’il y a eu de véritables abus, ils doivent bien sûr prendre leurs distances pour leur propre santé mentale et peut-être physique. Pour les parents qui n’ont pas été violents, il est important qu’ils examinent la manière dont ils ont élevé leurs enfants, identifient les facteurs contributifs et soient prêts à admettre à leur/leurs enfant(s) éloigné leurs défauts et leurs erreurs.
Ce problème existe en partie à cause de l’essor des médias sociaux
Aujourd’hui, la jeune génération considère que couper les ponts avec ses parents fait partie de sa croissance personnelle et de s‘occuper de soi. Par prendre soin de soi, j’entends se protéger de quiconque les défie. Ils coupent les ponts avec quiconque n’est pas d’accord avec eux ou les mettent au défi de réfléchir à ce qu’ils croient et pourquoi. Il s’agit d’un monde narcissique au sein des médias sociaux, ils pensent donc que la vie tourne autour d’eux, avec peu de valeur accordée aux relations multigénérationnelles. De plus, le système éducatif (américain) n’a pas appris aux enfants à penser, raisonner, débattre et examiner différentes perspectives. On leur apprend à réagir sur le plan émotionnel plutôt qu’à raisonner.
Cette génération est entraînée à considérer ses parents comme des ennemis et à les remplacer par quiconque leur dira ce qu’ils veulent entendre. En revanche, Paul écrit qu’honorer ses parents s’accompagne d’une promesse : que tout ira bien pour toi et que tu vivras longtemps sur la terre. Éphésiens 6 : 2-3
Absalom rompt toute communication avec son père, le roi David.
Dans 2 Samuel 15:1-6, Absalom, assis à la porte de la ville, prenait des décisions et rendait des jugements à la place de son père, le roi. Il disait aux gens ce qu'ils voulaient entendre et leurs égos, prodiguant ou recevant des flatteries. Le verset 6 dit : « Ainsi Absalom gagna le cœur des hommes d'Israël. »
Un enfant adulte qui a rompu tout contact avec ses parents, comme Absalom, s'entoure de personnes qui partagent ses idées. Il s'entoure de personnes désireuses de cautionner ses reproches envers ses parents. Au verset 4, Absalom déclara haut et fort : « Si seulement j'étais nommé juge dans le pays, la justice régnerait. »
Ses actes sapaient l'autorité de son père, le déshonorant, tandis que David, impuissant, priait sans doute pour lui – comme en témoignent ses prières et son deuil à la mort d'Absalom. Les enfants adultes qui rompent tout contact avec leurs parents s'entourent de personnes qui flattent leur ego, leur confirmant qu'ils ont raison et que leurs actions sont justifiées. À l'instar d'Absalom, ils sapent tout ce que leurs parents leur ont enseigné.
Soudain, ils réalisent leur solitude, même entourés de personnes qui leur ressemblent. Ils se sentent seuls, entourés de gens qui prétendent les aimer – et certains le font sans doute – mais souvent, une personne mal intentionnée exploite ces sentiments pour les manipuler et les contrôler, tout en prétendant les aimer et n'avoir que leur bien à cœur.
N'oublions pas que, de même que Dieu a créé l'homme à son image et à sa ressemblance, ceux qui sont utilisés par le diable tenteront de modeler les autres à leur image et à leur ressemblance. C'est là le principe de la manipulation : devenir comme le manipulateur et ainsi obtenir un contrôle total.
Nous vivons dans un monde où, si un parent dit non ou pose des limites et des attentes claires, on parle de maltraitance ou de traumatisme. Si un parent ne valide pas et n'approuve pas chaque pensée et chaque sentiment, il est qualifié de maltraitant, d'autoritaire, de contrôlant, de toxique ou de dangereux. Les réseaux sociaux leur véhiculent ce message, et de nombreuses personnes d’influences, relayent ces sentiments et renforcent ainsi leur fragilité émotionnelle tout en endurcissant davantage leur cœur.
Les disputes, les événements et les règles de l'enfance poussent les enfants devenus adultes à réécrire leur histoire.
Cette réécriture consiste à déformer les événements hors de leur contexte. Exemple : lorsque mon père nous a réunis, mes deux frères et sœurs et moi, pour nous annoncer son divorce avec ma mère, il a dit : « Je divorce de votre mère et je divorce de vous. Je ne serai plus là pour les matchs, les anniversaires, les fêtes… Je déménage… Je ne serai plus là… »
À l'époque, et pendant les années suivantes, je n'ai vu que la douleur infligée par ces mots aux quatre enfants, âgés de 11 ans (moi), 9 ans, 7 ans et 5 ans. En grandissant, j'ai compris qu'il n'essayait pas d'être cruel, mais de définir et d'expliquer ce que signifiait le divorce à des enfants qui n'en avaient aucune idée. Mais à ce moment-là, ces mots étaient empreints de rejet et de souffrance.
Quand on dit à des enfants adultes que les conflits familiaux étaient liés à des abus, ils réinterprètent leurs souvenirs en se persuadant d'avoir subi ces abus. La rupture de communication n'est généralement pas liée à une question de « parents bons » ou « mauvais ». En fait, elle reflète la façon dont la souffrance forme leur vision de la vie.
Ces enfants adultes perçoivent leur relation avec leurs parents à travers leurs propres blessures, et leurs parents, souvent, donnent des conseils influencés par leurs propres souffrances. Il n'existe ni parent parfait, ni enfant parfait. C'est là que la grâce de Dieu, la sagesse, le caractère et l'Esprit interviennent dans la dynamique familiale. Si on le lui permet. C'est là que les parents doivent, envers leurs enfants, se montrer vulnérables de façon transparente, quand ils en ont l'occasion.
Aux parents qui ont vécu ou vivent actuellement cette situation :
Votre enfant vous reproche une souffrance que vous n'avez jamais voulue. Être « rejeté » par votre enfant transforme l'amour que vous lui avez donné en quelque chose de plus sombre, d'incompris et de décontextualisé. Il ne voit pas les moments où vous étiez là pour lui. Il ne voit pas les sacrifices que vous avez faits. Il perçoit l'histoire filtrée par la douleur qu'il a créé et répété tant de fois qu'elle lui paraît désormais réelle.
Le pire, c'est qu'une fois qu'ils croient à cette histoire, chaque communication normale et anodine de leurs parents est, à partir de ce moment, déformée par ce souvenir. Autrement dit, tous leurs souvenirs sont transformés en quelque chose qui n'était pas réel, ou qui a été réécrit dans leur esprit et leurs émotions.
Ainsi, un moment que vous (parents) considériez comme ordinaire est filtré par cette souffrance et devient la preuve de la version déformée qu'il croit réelle. Cela renforce leur compréhension erronée. Lorsqu'ils vous confrontent, vous finissez par combattre une version de vous-même qui n'a jamais existé, et qui n'existe que dans leur esprit. Leur image de vous est devenue une forteresse dont eux seuls peuvent venir à bout.
Nous pouvons demander à nos enfants adultes : Qu'avons-nous à gagner, à part t’aimer ?
Qu'avions-nous à y gagner en te mettant au monde ? Tout ce que font les parents est fait sans promesse de récompense ni d’appréciation. Tout ce qu'ils investissent dans chaque enfant – amour, patience, temps, énergie, inquiétudes, sacrifices – a été fait sans jamais rien attendre en retour. Les parents savent que leur enfant grandira, construira sa propre vie, son propre avenir. Ils savent depuis le début qu'un jour ils devront prendre du recul pour laisser leur enfant vivre seul, sans avoir besoin d’une maman et d’un papa de la même manière.
Et la plupart de ces choses, l'enfant ne s'en souviendra pas. Il ignore tout des nuits blanches, du stress, des peurs, des choix que les parents ont faits pour son confort à lui, un amour et une sécurité, au détriment de leur propre confort. Rien de tout cela n'a été fait avec l'espoir d'un retour.
Un parent pourrait dire à son enfant devenu adulte : Pose-toi cette question difficile : Pourquoi avons-nous fait tout cela ? Nous l’avons fait parce que tu es notre enfant. Alors, avant de nous reprocher des imperfections, réelles ou imaginaires, et de te convaincre que nous te devions la perfection, demande-toi : qu'avions-nous à y gagner ? Nous t’aimons, nous étions là, et nous continuons à t’aimer. Quelle autre motivation que de t’aimer ?
On reprendra là, la semaine prochaine. Ne perdez pas espoir pour cet enfant ! Ou ce parent ! À la semaine prochaine, bénédictions,
John Fenn
cwowi.org et écrivez-moi à [email protected]
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